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Votre cousin germain est l’enfant de votre oncle ou de votre tante. Deux cousins issus de germains sont, eux, les enfants de deux cousins germains. Quant au cousin par alliance, il entre dans la famille par un mariage : ce lien ne suppose pas une ascendance commune.

Pour comprendre les liens familiaux, il faut distinguer la filiation, le cousinage et l’alliance, puis préciser la méthode utilisée pour compter les degrés de parenté. Ce guide vous aide à reconnaître ces relations et à les vérifier dans les actes et dans votre arbre généalogique.


Comment définir les liens familiaux ?

Les liens de sang et les liens par alliance

La filiation relie un enfant à ses parents. Pour lire les documents généalogiques, il faut distinguer l’ascendance biologique de la filiation établie juridiquement, notamment en cas d’adoption. Les liens familiaux ne se réduisent donc pas à un lien génétique.

L’alliance résulte du mariage : elle relie une personne aux parents de son époux ou de son épouse. Dans le langage courant, les termes de belle-famille sont aussi employés dans d’autres situations de couple. Ils ne suffisent pas à déterminer un statut juridique. Le Pacs n’est pas à assimiler au mariage pour définir l’alliance.

Dans les actes anciens, vous pouvez rencontrer des termes qui précisent la fratrie :

  • Frère germain ou sœur germaine : même père et même mère.
  • Frère utérin ou sœur utérine : même mère, mais pères différents.
  • Frère consanguin ou sœur consanguine : même père, mais mères différentes.

Ces deux dernières relations correspondent à des demi-frères ou demi-sœurs. Le mot « germain » apparaît aussi dans l’expression « cousin germain » et il ne désigne pas ici une origine allemande.

Repères dans les différents liens de parenté

  • Parents : père et mère ; grands-parents : parents de vos parents.
  • Frères et sœurs : personnes ayant les mêmes parents, ou un seul parent commun dans le cas de demi-frères et demi-sœurs.
  • Oncle et tante : frère ou sœur de votre père ou de votre mère. Le conjoint de votre oncle ou de votre tante est également appelé ainsi dans l’usage courant.
  • Grand-oncle et grand-tante : frère ou sœur de l’un de vos grands-parents.
  • Neveu et nièce : enfant de votre frère ou de votre sœur.
  • Cousin germain et cousine germaine : enfant de votre oncle ou de votre tante.
  • Beau-frère et belle-sœur : notamment le frère ou la sœur de votre conjoint, ou le conjoint de votre frère ou de votre sœur.
  • Gendre et belle-fille, ou bru : conjoint de votre enfant. « Belle-fille » peut aussi désigner la fille de votre conjoint : le contexte doit être précisé.
  • Petits-enfants : enfants de vos enfants.

Qu’est-ce qu’un degré de parenté ?

Le degré de parenté mesure la distance entre deux personnes dans une famille. Il faut toujours préciser le mode de calcul : le droit civil français et les anciennes dispenses religieuses n’utilisent pas nécessairement la même convention.

En droit civil français, on distingue deux lignes :

  • La ligne directe relie des personnes qui descendent les unes des autres. On compte les générations qui les séparent : un parent et son enfant sont au premier degré ; un grand-parent et son petit-enfant au deuxième degré.
  • La ligne collatérale relie des personnes qui ont un ancêtre commun, sans descendre l’une de l’autre. On remonte de la première personne à cet ancêtre, puis on redescend jusqu’à la seconde. Chaque passage entre un parent et son enfant compte pour un degré.
RelationCalcul en droit civil françaisDegré de parenté
Parent et enfantUne génération1er degré
Grand-parent et petit-enfantDeux générations2e degré
Frère et sœur1 + 1, par leur parent commun2e degré
Oncle ou tante et neveu ou nièce1 + 2, par le parent commun3e degré
Cousins germains2 + 2, par un grand-parent commun4e degré
Cousins issus de germains3 + 3, par un arrière-grand-parent commun6e degré

Par exemple, pour relier deux cousins germains, on suit ce parcours : premier cousin, son parent, le grand-parent commun, l’autre parent, second cousin. Il comporte quatre passages entre générations.

Les expressions courantes « cousin au premier degré » ou « au deuxième degré » peuvent désigner des rangs de cousinage. Elles ne doivent pas être confondues avec les degrés du Code civil. Pour éviter une ambiguïté, indiquez le lien précis ou l’ancêtre commun.

Cousin germain, issu de germain ou par alliance

Le mot « cousin » peut désigner une parenté proche ou plus éloignée. Pour établir le lien exact, cherchez l’ancêtre commun et reconstituez les deux branches familiales.

Cousin par alliance

Un cousin par alliance est, dans l’usage courant, un cousin de votre conjoint ou le conjoint de votre cousin. Ainsi, le mari de votre cousine germaine peut être appelé votre cousin germain par alliance. Ce mariage ne crée pas à lui seul un lien de sang entre vous et lui.

En revanche, les enfants de deux sœurs sont des cousins germains : ils partagent des grands-parents. Ils ne deviennent pas des cousins par alliance du seul fait que leurs parents sont mariés.

Cousin germain

Votre cousin germain est l’enfant du frère ou de la sœur de votre père ou de votre mère. Par exemple, si votre mère et la mère de Léa sont sœurs germaines, Léa et vous avez les mêmes grands-parents maternels : vous êtes cousins germains.

En droit civil français, les cousins germains sont parents au quatrième degré, même s’ils représentent le premier rang de cousinage.

Cousin issu de germain

Deux cousins issus de germains sont les enfants respectifs de deux cousins germains. Si Léa et vous êtes cousins germains, votre enfant et son enfant sont cousins issus de germains. Leur ascendance commune remonte aux arrière-grands-parents.

Dans cet exemple, ils sont parents au sixième degré civil. Votre relation avec l’enfant de Léa est différente : vous n’appartenez pas à la même génération. Dire simplement « l’enfant de ma cousine germaine » permet de décrire ce lien sans ambiguïté.

Cousin à la mode de Bretagne ou de Bourgogne

Dans son sens généalogique, l’expression « cousins à la mode de Bretagne » désigne notamment les enfants de deux cousins germains, donc des cousins issus de germains. Un « oncle à la mode de Bretagne » est le cousin germain du père ou de la mère ; une « tante à la mode de Bretagne » est leur cousine germaine.

L’expression s’emploie aussi, dans le langage courant, pour évoquer une parenté éloignée ou difficile à établir. Vous pouvez rencontrer la variante « à la mode de Bourgogne ». Dans un acte ancien, ne vous contentez pas de cette appellation : identifiez les personnes, leurs parents et leur ancêtre commun.

Vous et Léa partagez des grands-parents et êtes cousins germains ; vos enfants sont cousins issus de germains.
Cousins germains et cousins issus de germains : exemple sur quatre générations. Les degrés indiqués suivent le calcul du droit civil français.

La consanguinité dans les liens familiaux

La consanguinité désigne une parenté par le sang. Pour le généalogiste, les mentions de dispense dans les actes de mariage sont des indices utiles pour retrouver une ascendance commune.

Dans de nombreuses dispenses de l’Ancien Régime, les cousins germains sont dits parents au deuxième degré canonique, alors qu’ils sont au quatrième degré civil. Les cousins issus de germains correspondent au troisième degré dans cet ancien calcul canonique, contre le sixième degré civil. Il ne faut donc pas lire un degré religieux ancien comme un degré civil actuel.

Les règles d’empêchement au mariage, les possibilités de dispense et les autorités compétentes dépendent de l’époque et du type de lien. Une dispense de consanguinité ne se confond pas avec une dispense d’affinité, liée à l’alliance, ou avec une mention de parenté spirituelle.

Pour interpréter une dispense, relevez sa date, la nature et les degrés de l’empêchement, puis cherchez le dossier et, s’il est conservé, le tableau de cousinage. Ces documents peuvent aider à reconstituer les branches familiales. Notre article sur la dispense de parenté présente cette piste de recherche.

Que veut dire implexe ?

Un implexe généalogique apparaît lorsqu’une même personne figure plusieurs fois dans votre ascendance, par des branches différentes. Il peut résulter d’une union entre personnes apparentées dans l’une de vos branches ancestrales.

Dans un arbre d’ascendance sans répétition, le nombre de places double à chaque génération :

Génération au-dessus de vousAscendantsNombre théorique de places
1Parents2
2Grands-parents4
3Arrière-grands-parents8
4Arrière-arrière-grands-parents16
5Arrière-arrière-arrière-grands-parents32

Avec cette convention, vous êtes à la génération 0. La dixième génération au-dessus de vous comporte donc 1 024 places théoriques, et non 512. Ce nombre concerne cette génération seulement ; il n’est pas le total de tous vos ascendants.

Ces places ne correspondent pas toujours à autant de personnes distinctes. Par exemple, si vos parents sont cousins germains et qu’aucun autre lien ne s’ajoute, deux de vos arrière-grands-parents occupent chacun deux places dans l’arbre. Vous avez alors six arrière-grands-parents distincts pour huit places théoriques.

Un ancêtre inconnu n’est pas un implexe. Si vous n’avez identifié que six personnes sur huit places, il faut vérifier s’il s’agit de deux ascendants encore inconnus ou de personnes présentes plusieurs fois. Le nombre d’ancêtres retrouvés ne suffit pas à prouver des unions entre apparentés ni à mesurer une consanguinité.

Comment utiliser les arbres généalogiques pour représenter les liens familiaux ?

Un arbre permet de visualiser les liens familiaux, mais chaque relation doit être appuyée par des documents. Partez de vous et remontez une génération à la fois, sans sauter directement vers une personne portant le même nom.

  1. Identifiez chaque personne : nom, prénoms, dates, lieux et conjoint.
  2. Recherchez les actes qui établissent les filiations : naissance ou baptême, mariage et documents complémentaires selon la période.
  3. Pour deux cousins, remontez chaque branche jusqu’à l’ancêtre commun, puis comptez séparément les générations.
  4. Notez vos sources : service d’archives, commune ou paroisse, registre, cote, date de l’acte et numéro de vue si le document est numérisé.
  5. Gardez les liens encore incertains comme des hypothèses. Un témoin peut être un parent, mais sa présence dans un acte ne suffit pas à établir une parenté.

Pour commencer, consultez notre guide pour chercher l’état civil d’une personne. L’acte de mariage peut ensuite apporter des informations utiles sur les parents des époux et compléter vos recherches.


Sources documentaires

Références en ligne

Bibliographie générale

  • Louradour, Isabelle et Eppherre, Marie. Retrouver ses ancêtres basques. Archives & Culture.
  • Archassal, Pierre-Valéry. Généalogie d’aujourd’hui. Paris : Hachette Pratique, 2008.
  • Collectif. Larousse de la généalogie. Paris : Larousse, 2007.
  • Bernard, Gildas. Guide des recherches sur l’histoire des familles. Paris : Archives nationales, 1981.